Communiqué de BREIZH 2004 – 2 juin 2011

NaneCitoyen.jpg

Les partis politiques, dont le nombre dépasse aujourd’hui l’entendement, (http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_partis_et_mouvements_politiques_fran%C3%A7ais) sont très actifs ces dernières semaines, ce qui est fort compréhensible eu égard aux échéances électorales qui les attendent.
Mais autant nos partis sont actifs sur le plan politique et multiplient les initiatives, les déclarations et les manœuvres avec un doigté évident, autant ils brillent par un mutisme flagrant et affligeant quand il s’agit de prendre position sur des questions qui sortent des sentiers battus de la politique politicienne pour intéresser le quotidien des citoyens, quotidien qui est surchargé de préoccupations à caractère économique et social, et dans lequel les questions strictement politiques, malgré leur importance, ne sont pas naturellement prioritaires.
Cette approche réductrice de la politique a eu pour conséquence la montée du mécontentement au sein de l’opinion publique qui sent la faille s’élargir entre la rue et les partis politiques qui étaient censés coller à ses préoccupations et lui apporter des réponses claires, capables de dissiper ses craintes et ses angoisses. Si rien n’est entrepris pour être mieux à l’écoute de la rue, les partis politiques risquent de payer très cher le désamour des Bretons et des Français.

Ceci, bien entendu, n’ôte rien au rôle que jouent et que doivent continuer à jouer les partis politiques. Quoique….. La construction démocratique et la gestion politique du pays pourrait-elle se faire en dehors des partis politiques ?  En disant ça, j’endosse volontiers le rôle d’indépendant voire de franc-tireur, alors qu’au fond je ne fais que le diagnostic d’une situation particulière actuelle, situation douloureuse, sans cohésion et surtout dans l’incapacité de se projeter dans l’avenir. Pourquoi les partis politiques sont-ils incapables de se projeter dans le futur de ce pays, un futur dans lequel ils sont appelés à apporter des réponses raisonnables et ponctuelles à des sujets et des questions précis, loin des discours vagues et des slogans pompeux qui peuvent mobiliser les foules pour un moment mais qui finissent inéluctablement par lasser.

Lors de la crise politique belge, nous avons assisté à une situation hors du commun. Il n’y a plus de gouvernement, mais l’appareil d’état fonctionne. Les questions économiques ou sociales sont réglées. Ce qui ne veut pas dire que les Belges sont satisfaits. Cela  veut surtout dire que des tractations se nouent, encore une fois, entre férus de la politique, mais en dehors des préoccupations du Belge de base. J’ai noté avec un certain amusement qu un certain nombre de discussions se déroulent déjà en anglais entre Belges francophones et néerlandophones. En même temps, à beaucoup de points de vue (administratif, culturel…), je crois que l’apprentissage mutuel des deux grandes langues nationales doit rester un objectif. Ce ne sera pas du tout la panacée mais cela me paraît « normal » dans un Etat plurilinguistique (relevé sur un forum belge).

L’apprentissage des langues nationales… voila quelque chose qui nous semble être un préalable à toute discussion ou négociation politique. Cette solution serait applicable en France, si nos élites politiques voulaient bien cesser de regarder leur nombril et penser d’abord aux citoyens. Les élections ne sont qu’une  solution passagère dans un état où l’on se refuse à poser les vraies questions. Que se passerait-il si à la suite de ce nouveau scrutin présidentiel, aucun accord n’émergeait? Des élections, encore et encore, jusqu’à épuisement des électeurs? Des négociations sans fin ? Alors que les Régions, elles, sont bien gouvernées par des futurs gouvernements régionaux?

Est-ce que cela pourrait marquer la fin de l’État-Nation français ? (ce qui ferait des heureux…) . Je ne le pense pas, nous ne sommes pas en Belgique où le programme de la NVA prévoit explicitement que la Belgique finira à terme par « s’évaporer » pour laisser place à une Flandre indépendante.

Mais revenons à nos partis politiques.

Aucun dirigeant de parti politique, réputé proche des classes populaires, n’a fait de déclaration sur la question du développement régional, d’une manière pratique et concrète.

Nos partis se sont aussi inscrits aux abonnés absents alors que la menace de la sécheresse plane sérieusement sur la campagne agricole de l’année 2011.

Le danger d’une telle attitude des partis politiques ne réside pas uniquement dans le désamour qui pourrait s’installer dans les rapports entre la société civile et la société politique. Le risque majeur de cette désaffection des partis politiques par les citoyens pourrait s’exprimer par une nonchalance et une passivité méprisante. A moyen terme et dans des cas extrêmes, ce risque pourrait se traduire par des mouvements de groupes violents et saccageurs, parce que mal encadrés et mal canalisés par ceux qui ont la charge de le faire.

Apres beaucoup de scandales politico-sexuels, après des années d’injustice voire de corruption , je vois que c’est le droit des citoyens de prendre les actions necessaires mais aussi le droit de notre peuple et de nos jeunes de savoir et de proposer une feuille de route pour l’avenir.
Le peuple a le droit de s’exprimer .

Pour BREIZH 2004
Le Président

Claude GUILLEMAIN

44, rue Léon Durocher

22730 TREGASTEL

breizh.2004@ gmail.com

http://www.breizh- 2004.org


Fondé en 2004, BREIZH 2004 a pour mission de soutenir et de diffuser des recherches et des textes d’opinion sur des sujets touchant le développement de la Bretagne en Europe. Lieu d’échanges, de concertation et de débats entre les groupes et les individus qui réfléchissent et agissent pour bâtir la Bretagne, BREIZH 2004 se situe au carrefour de l’observation et de l’action. Il a pour but de susciter la réflexion sur les enjeux d’actualité qui concernent la Bretagne et l’Europe. BREIZH 2004 défend le concept de fédéralisme intégral, de fédéralisme fiscal et de localisme dans le cadre des institutions et dans le cadre de la société.

About the Author

Claude Guillemain est président du Réseau des Bretons de l'Étranger - RBE -. Expert finance rurale et microfinance. Âgé de 71 ans, célibataire, six enfants. Diplômé en 1968, École Supérieure de Commerce de Reims (NEOMA Campus de Reims). Ancien du Crédit Agricole, Côtes d'Armor puis Caisse Nationale de Crédit Agricole, Paris, où il a exercé la fonction de responsable de la zone Moyen-Orient. Expert free lance depuis 1988, il a travaillé pour la Commission européenne comme expert à Bruxelles, et au Malawi. Nombreuses missions en Afrique, Asie, Moyen Orient, Europe de l'Est et de l'Ouest.