Les réactions à l’étranger à la victoire du Front National aux régionales

A l’étranger, la victoire du Front national au premier tour des régionales surprend, même si le “malaise français” commence à être bien connu au-delà des frontières de l’hexagone.
Pour nous, Bretons de l’Etranger, nous sommes atterrés de voir les socialistes triompher avec Le Drian.


MAIS,


Reconnaissons l’incroyable charisme de ce bonhomme et sa grande habileté politique.

Si le ministre de la Défense a réalisé un si bon score, c’est sans doute aussi parce qu’il n’a pas attendu la campagne officielle des régionales pour draguer l’électorat. Depuis son départ de la région en 2012, Jean-Yves Le Drian est très régulièrement revenu en Bretagne, à des occasions parfois très éloignées de ses fonctions à la Défense.
« C’est un leader charismatique. Il est très connu des Bretons », assure Christophe Fouillère. « Il a sans doute capté une grande part de l’électorat centriste. Il incarne bien la région dans sa modération, sa capacité à parler aux paysans comme aux dirigeants. Et surtout il a pu profiter de son image de totem protecteur de ministre de la Défense », estime le politologue Romain Pasquier.
Dix points devant son principal opposant, Jean-Yves Le Drian dispose en plus d’une réserve de voix convenable avec les écologistes, le Front de gauche et une partie de l’électorat de Christian Troadec. Marc Le Fur devra lui miser sur les abstentionnistes. Derrière, le Front national s’assure plusieurs places au Conseil régional.
Il dispose surtout de l’incroyable soutien d’une multitude d’organisations et d’associations dévouées à sa cause, avec lesquelles il a su tisser un lien personnel fort. Et ces liens ont été tissés plusieurs années auparavant lorsqu’il était prézsident du Conseil Régional de Bretagne.
Enfin, il entretient avec le patronat de bonnes relations. Ce matin, à partir de 8 h, Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense et candidat à sa succession à la tête de la région Bretagne, sera à Châteaulin. Accompagné de son équipe finistérienne, le socialiste, très net vainqueur du premier tour, visitera le groupe Doux, premier exportateur volailler européen, qui poursuit son développement après un redressement réussi.
Des réseaux cultivés depuis des années et des années, voilà la grande force du ministre candidat. La majorité des industriels, terreau de ce régionalisme patronal qui défend le label Bretagne, lui sont acquis. « Je ne connais pas un chef d’entreprise qui n’ait pas été reçu après avoir demandé un rendez-vous avec Jean-Yves » affirme Pascal Piriou dont le chantier naval à Concarneau, auparavant consacré à la Pêche, construit désormais des navires destinés à l’action de l’Etat en mer. « Je peux vous dire que ça défile à l’hôtel de Brienne», témoigne un habitué qui insiste sur l’envergure internationale du maître des lieux . « Le nouvel actionnaire saoudien de Doux ? Le groupe chinois qui s’intalle à Carhaix, sur les terres du régionalistes Christian Troadec, vous pensez que ça vient d’où , franchement ? »
A Quimper, Jean-Guy le Floch’, le PDG d’Armor Lux (700 salariés) s’inquiète de la montée de l’extrême droite qui fait son miel de la déchristianisation de la région et de la dégringolade du PCF. Pout le chef d’entreprise – ex bras-droit de l’industriel Vincent Bolloré – qui a porté le bonnet rouge, pas question donc de « lâcher Jean-Yves». « Je ne vote pas PS. Je vote Le Drian. Il sait écouter et aide à résoudre les problèmes». Ca tombe bien, parce que justement, sur le matériel électoral de Jean-Yves Le Drian, le signe du PS et de ses alliés n’apparait nulle part …
Tout le monde sait que Jean-Yves Le Drian est un peu chez lui à l’Institut de Locarn, la Mecque des patrons bretons. Son président, Alain Glon, ne peut que se féliciter des bonnes relations entretenues, depuis longtemps, avec le candidat du PS. La confortable subvention ( 450 000 euros par an- officiellement pour faire de la formation) accordée par la Région Bretagne à l’Institut montre également qu’entre Le Drian et Le Fur, le choix des patrons bretons est fait depuis longtemps.

About the Author

Claude Guillemain est président du Réseau des Bretons de l'Étranger - RBE -. Expert finance rurale et microfinance. Âgé de 71 ans, célibataire, six enfants. Diplômé en 1968, École Supérieure de Commerce de Reims (NEOMA Campus de Reims). Ancien du Crédit Agricole, Côtes d'Armor puis Caisse Nationale de Crédit Agricole, Paris, où il a exercé la fonction de responsable de la zone Moyen-Orient. Expert free lance depuis 1988, il a travaillé pour la Commission européenne comme expert à Bruxelles, et au Malawi. Nombreuses missions en Afrique, Asie, Moyen Orient, Europe de l'Est et de l'Ouest.