Prospective stratégique

    ” Il est grand temps d’évaluer les dysfonctionnements qui ont éreinté la Bretagne aux dernières élections régionales”

  • Prospective stratégique
  • L’expérience bretonne en matière de prospective stratégique est à réinventer, et c’est à le moment de relancer ce thème unique pour démarrer une série de rencontres visant à concevoir et communiquer une vision ou plutôt mettre en place un projet libre, sociétal, politique et économique pour les 10 prochaines années dans notre pays en s’inspirant des expériences à l’international.
    • Il est impensable que nous ne disposions pas aujourd’hui d’une vision et d’une approche stratégique qui nous permettent d’affronter la complexité des problèmes auxquels fait face notre pays. Le monde change et nous nous devons de trouver des outils utiles pour aujourd’hui, demain et dans 5 ans.Évaluation, un mot sur lequel il faut insister.  S’il est une chose que nous avons négligée pendant des décennies dans notre pays, c’est bien l’évaluation. Nous n’avons pas pris en considération les dysfonctionnements et les défaillances dont a souffert la Bretagne. L’absence de l’exercice évaluateur nous a empêchés de nous rendre compte des lignes de fractures qui ont conduit la Bretagne à l’échec des dernières régionales. Fracture générationnelle, nos jeunes sont désorientés et désemparés. Malgré des scores importants chez les jeunes en faveur du Front national, l’abstention à l’élection régionale est demeurée majoritaire parmi les 18-30 ans. Selon un sondage, 64 % d’entre eux ne sont pas allés voter au 1er tour des élections régionales. Un score de 14 points supérieur à la moyenne nationale, estimée à 49,5 %. Fracture géographique à cause d’un développement à plusieurs niveaux, et fracture sociale avec une classe sociale moyenne reléguée au second rang (Le revenu fiscal moyen des Bretons qui ont rempli une déclaration d’impôt en 2009 reste inférieur à la moyenne nationale).

      Nécessité d’équilibrer entre impératifs économiques et priorités sociales

      Il faut apprendre à «entretenir la mémoire des méthodes et des outils pour mieux les enrichir». La responsabilité des acteurs publics, y compris les partis et associations luttant pour l’autonomie ou l’indépendance de la Bretagne, doit être engagée, il s’agit selon moi non seulement de rénover les institutions mais de clarifier les responsabilités en mettant l’accent sur les personnes et non sur les institutions afin de mieux et de plus les impliquer dans ce qu’elles (les personnes) entreprennent.

      L’objectif est d’équilibrer au mieux les impératifs économiques, les exigences environnementales et les priorités sociales. Ce qui ne peut se faire que par l’évaluation des politiques actualisées, la programmation de celles futures et l’inspiration des expériences étrangères.

      Pour l’économiste, le prospectiviste, il faut distinguer clairement les faits et les préférences, investir dans des techniques et des méthodes de travail, confier des travaux de recherches à des laboratoires indépendants, mettre en place un comité de suivi des actions et apprendre à anticiper.

      Ce sont seulement ici quelques idées recueillies au sein de la société civile préoccupée par le “maintenant” et oubliant le jour d’après, très proche pourtant, les bonnes intentions affirmées au départ.

      Partis politiques et société civile doivent débattre…

      Dialoguer avec les différents acteurs politiques et échanger avec la société civile, c’est à cela que j’invite les partis politiques et les représentants de la société civile en vue d’une Bretagne libre, autonome ou indépendante. La Bretagne de demain. Parce que les approches sont différentes tout comme les solutions préconisées par les uns et les autres, il va falloir désigner quelqu’un ou quelqu’une pour assurer et assumer le rôle d’éclaireur dans un pays où on cultive l’ambiguïté et où la clairvoyance n’est pas la qualité la plus partagée chez la caste des “décideurs du destin de la nation”.

      Soyez assurés que le Réseau des Bretons de l’Etranger jouera son rôle dans l’harmonisation des différents points de vue de tous les acteurs et décideurs à propos de ce que doit être la Bretagne. Car le contexte dans lequel elle vit aujourd’hui ne permet plus à personne d’avancer à l’aveuglette, de dire ce qu’elle pense ou ne pense pas, d’annoncer un projet et œuvrer pour un autre, ou encore de manipuler et de se jouer de l’opinion publique.

      Les Bretons ne sont pas dupes, naïfs ou malléables. Ils ont voté “LÉGITIMISTE” parce que l’offre politique des partis ne leur a pas semblé crédible. Grand temps pour que les décideurs économiques et politiques s’en rendent compte et agissent en conséquence.

Claude Guillemain
Président du Réseau des Bretons de l’Etranger – RBE -

About the Author

Claude Guillemain est président du Réseau des Bretons de l'Étranger - RBE -. Expert finance rurale et microfinance. Âgé de 71 ans, célibataire, six enfants. Diplômé en 1968, École Supérieure de Commerce de Reims (NEOMA Campus de Reims). Ancien du Crédit Agricole, Côtes d'Armor puis Caisse Nationale de Crédit Agricole, Paris, où il a exercé la fonction de responsable de la zone Moyen-Orient. Expert free lance depuis 1988, il a travaillé pour la Commission européenne comme expert à Bruxelles, et au Malawi. Nombreuses missions en Afrique, Asie, Moyen Orient, Europe de l'Est et de l'Ouest.